2013 FAD (En français)

Lignes Directrices et Formats

Le calendrier des FAD est avancé cette année, afin que vos opinions et les résultats de vos débats soient communiqués aux Assemblées générales et à l’Assemblée générale internationale à temps pour pouvoir nourrir et inspirer les discussions de ces forums. Ce changement intervient en réponse à une demande répétée de la part des participants aux FAD de voir le processus commencer plus tôt, et le calendrier a été développé en collaboration avec les collègues associatifs dans l’ensemble du mouvement.

Chaque année nous réfléchissons à ce que cela signifie d’être une association, à ce que cela implique de disposer de ce lieu de débats et de pratiquer cette forme de remise en question qui nous permet de progresser, et d’être à l’avant-garde du monde humanitaire. Je vous invite cette année à vous engager activement dans le processus des FAD, en exerçant votre droit d’exprimer votre opinion et en agissant pour que les bureaux et autres entités qui soutiennent et guident votre action comprennent les réalités du terrain dans leur globalité.

Les FAD représentent à la fois un rassemblement social et festif et une opportunité pour les collègues sur le terrain et au siège d’en savoir plus sur MSF en tant que mouvement. L’idée de ce processus est tant d’échanger, de rencontrer des collègues et de rafraichir ses propres perspectives que d’apprendre comment fonctionne notre organisation et de faire part de son avis sur des sujets importants. La qualité des débats dépend de votre contribution, et je vous propose d’envisager le sujet international dans son ensemble, en choisissant l’une des deux options suggérées ci-dessous.

L’an dernier, le mouvement s’est rassemblé pour débattre de nos stratégies de négociation, en examinant les difficultés que nos opérations ont rencontré au cours des dernières années pour accroitre notre pouvoir de négociation, ainsi que les compromis difficiles qui ont pu remettre en cause nos principes opérationnels de base. En 2013, nous vous proposons d’examiner une approche opérationnelle spécifique et les dilemmes auxquels nous faisons face pour faire corréler nos principes avec la mise en oeuvre des projets.

L’un des principes opérationnels de base de MSF est de fonder son action sur des volontaires traversant les frontières pour apporter une aide aux populations en détresse. L’action médicale directe via des équipes mixtes, mêlant employés nationaux et employés internationaux, est, et a toujours été, un élément important de notre identité. La question à débattre est de savoir si et comment l’approche de MSF en ce qui concerne l’apport d’une aide médicale directe, à l’interne et en relation avec les autres, remet en question notre identité propre.

Option 1
L’accès aux populations vivant dans des zones où l’insécurité est élevée est difficile. Afin de diminuer les risques liés à la sécurité pour les travailleurs humanitaires, nous faisons des compromis: nous travaillons parfois en recourant à ce que l’on appelle « la gestion à distance des opérations», nous nous appuyons sur des partenariats pour avoir accès aux patients et leur délivrer des biens, et il peut arriver que nos équipes soient formées sur la base de la nationalité (en Afghanistan par exemple, nous n’envoyons pas de citoyens étatsuniens), le sexe (l’OCB par exemple a retiré le personnel féminin de Mogadiscio) ou la couleur de peau (en Mauritanie notamment).

Remettons-nous en cause, à travers ces compromis, une part importante de notre identité? Ferions-nous mieux de quitter les pays ou les zones où nous ne pouvons pas travailler avec des équipes mixtes sur le terrain ? Avant de prendre la décision d’exclure certaines catégories de personnes de nos missions, avons-nous suffisamment négocié avec les différents acteurs pour éviter d’avoir à faire ces compromis ?

Option 2
Dans les contextes où les risques liés à l’insécurité sont élevés comme dans ceux où les risques sont peu élevés, nous travaillons souvent via des partenariats locaux afin de maximiser nos opportunités en matière d’accès, d’acceptation et de plaidoyer.

L’accès indirect aux patients ainsi que nos liens accrus avec d’autres acteurs signifient-ils que nous renonçons à une part de notre identité ? Lorsque nous travaillons avec des groupes de la société civile très engagés dans le plaidoyer concernant la santé tout en apportant des soins aux patients en partenariat avec MSF, dans quelle mesure sommes-nous amenés à déléguer, contrôler, habiliter, agir en tant que mentor ou demeurer totalement indépendants vis-à-vis de ces groupes ? Comment trouver un équilibre entre les avantages et les risques liés à notre indépendance et à la perception de notre neutralité ?

(...excerpt from "2013 FAD Invitation Letter" by International President Unni Karunakara)

By: Rebecca Cederholm