In the 21st century, is bombing patients, doctors and nurses a war crime or worse, a crime against humanity?

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The universal and inalienable principle, which pays no heed to borders, of providing care without discrimination, runs contrary to the laws of war, which pit allies and enemies against one another. Humanitarian law states that health facilities are ‘conflict-free’ zones. As such, there are no grounds for collateral damage as invoked by warring factions. Moreover, repeated bombing like that which destroyed the MSF hospital in Kunduz, when GPS can identify every bush trail and remote footpath, is no longer down to chance. It is a crime. There is no room for debate here.

The question then is whether this is a war crime or a crime against humanity, as suggested by Hannah Arendt. Laws from the previous century define the differences between war crimes and crimes against humanity. However in this century of more advanced technologies, capable of greater good and greater evil, and applied ethics, these definitions are becoming increasingly vague. It is human order that forms the basis of our laws, legal definitions and universal declarations. It determines the level of our humanity. Clearly, this level has not been met, when doctors, nurses and their patients, whoever they are, are burned alive in their beds or on the operating table. Legally, this crime is a war crime. Ethically, it is a crime against humanity. This is my opinion.

In any case, for the victims and their families, discussing the scale of the crime may seem insensitive. I ask that they forgive me. I can assure them that my heart cries out in the face of such absurd violence.

Dr Réginald Moreels,
Humanitarian surgeon and former president of MSF Belgium.


Bombarder des patients et des soignants au 21ème siècle, crime de guerre ou, pire, crime contre l’humanité ?

Le principe universel, inaliénable et « sans frontières » de soigner « sans discrimination aucune » s’oppose aux lois de la guerre opposant alliés et ennemis. Une structure de soins, nous dicte le droit humanitaire, est une zone « hors conflit ». Les dommages collatéraux, invoqués par des belligérants, n’ont donc pas lieu d’exister. De surcroît, des bombardements répétitifs comme ceux qui se sont abattus sur l’hôpital MSF de Kunduz, alors qu’un GPS peut indiquer chaque chemin de brousse ou sentier reculé, ne relève plus du hasard. C’est un crime, point.

Mais est-ce un crime de guerre ou bien un crime contre l’ordre de l’Humain, comme l’a exprimé Hannah Arendt ? Le droit du siècle dernier a défini les différences entre crime de guerre et crime contre l’humanité. Néanmoins au siècle des technologies sophistiquées, capables du meilleur et du pire, et d’une éthique appliquée, ces définitions deviennent de plus en plus vagues. Car l’ordre de l’Humain précède toutes nos lois, nos définitions juridiques, nos déclarations universelles; il fixe notre degré d’humanité. Ce degré est clairement franchi vers le bas dès lors que des soignants et leurs patients, quels qu’ils soient, sont brûlés vifs dans leur lit ou à la table d’opération. Juridiquement, le crime est crime de guerre; éthiquement, il est crime contre l’humanité. Ceci est mon opinion.

De toute façon, la discussion sur l’échelle du crime peut paraître impudique vis-à-vis des victimes et de leurs familles. Qu’ils m’en excusent. Je peux leur assurer que mon cœur saigne vis-à-vis de tant de violence absurde.

Dr. Réginald Moreels,
Chirurgien humanitaire, ancien président de MSF Belgique.

 

By: Göran Svedin