Philippe Havet and Andrias Karel Keiluhu (Dr. Kace) (d. December 29, 2011)

Dear colleagues and friends,

It is with great sadness that we share with you some terrible news. Two of our colleagues, Philippe Havet and Andrias Karel Keiluhu, best known as Dr Kace, were killed in an attack in the MSF compound in Mogadishu, Somalia, on Thursday December 29, 2011.

Many of you had worked with them and were their friends.  

Kace, 44, was a medical doctor from Indonesia, part of the emergency unit in Brussels. He started on a national contract in Indonesia and had then gone on several missions such as Ethiopia, Indonesia and Thailand.

Kace was known to many of us as a wise and caring doctor. He had just accepted one of the toughest of jobs: to work only in emergencies and on the frontlines.

He leaves behind two children aged 12 and 14, and family and friends.

Philippe, 53, was a Belgian emergency coordinator who had been working with MSF since 2000 in several missions such as Angola, the Democratic Republic of Congo, Indonesia, Lebanon, Sierra Leone and South Africa. Philippe could move mountains and was ready to go wherever he was most needed. He will be much missed, especially in Congo where he spent years working in the hardest places. He will be remembered fondly by all those who were fortunate enough to cross his path.

He leaves behind two sons aged 27 and 31, and family and friends..

This is a dark day and a great loss for MSF. We will all sorely miss Philippe and Kace, their energy, humour and commitment.. We are all shocked and our thoughts and heartfelt sympathy go out to their families and friends.


Below is the speech given in Nairobi on the 29th of February 2012, at the occasion of the moving ceremony
in memory of Philippe and Kace.

Dear Philippe, dear Kace,

It is two months today, that your lives were taken away. The sun still rises, the birds sing, we cry, the wind blows, the time flies, we laugh, we hope, and everyday, the sun sets. But you have set for ever. A world with no Kace, can it be a good world? A time with no Philippe, can it be a good time?

This ceremony is meant to help us heal our pain to have lost you, and to give some African roots to the memories we have of you. We will plant two trees, one for each of you. It is an Acacia Sibeariana, the very tree Philippe loved from Burundi. They have a nice shape of umbrella as they grow, and are famous to host many bird nests. The life in their leaves, the wind in their branches, the strength of their trunk, will be yours, in our hearts and in our minds. May they host your memories, may their branches give your souls a place to sit and rest. May they be a life to reincarnate into, if you wish. May their roots go deep into the African earth where life and death embrace one another.

We will offer to all of us, and to all who never had the chance to know you, a place to sit under the shade of your trees. To remember you, to meditate about life, to take decisions, to take naps. A bench where we can share with you a part of our lives.

This bench is a copy of an Indonesian bench, as a tribute to Kace’s origin. It was made by an MSF friend, David, who also had met you. Out of our sorrow, will grow those two trees. Out of our pain, was created this bench where we will meet and cherish your memories. Out of our tears, have grown already strong and deep, new friendships. Beauty can grow out of the worst, that is the infinite and delicate balance of life that finally wins.

The sense of your lives was great and meaningful, and in memory of you, shall MSF dedication to the
populations in need, grow also.

The trees will grow. Our new friendships born from your absence will grow. Your memories will have a home here in the Arboretum of Nairobi, and will never die.

Clotilde Belin, liaison officer for Somalia mission


Hommage à Kace

J’ai eu l’heureuse chance de rencontrer Kace en 2000. MSF m’avait envoyé en urgence en West Papua (Papouasie occidentale), appelée à l’époque Irian Jaya.

Les Papous, habitant depuis toujours la région, s’étaient révoltés contre l’autorité indonésienne à laquelle ils reprochaient la destruction de leur habitat en faveur de populations indonésiennes importées. Des révoltes violentes avaient éclaté dans la capitale Jayapura et surtout sur les hauts-plateaux de la région de Wamena.

Cette région est inaccessible car il n’existe pas de routes : seul l’avion permet l’accès. Une équipe d’urgence était sur place. Manquaient le chirurgien et l’anesthésiste. C’était la raison de mon déplacement
en compagnie de Leif Isaacson, anesthésiste suédois. Au sein de l’équipe d’urgence, il y avait Kace, médecin indonésien, mais bien plus que médecin : il était en mouvement perpétuel car il savait tout faire, avec gentillesse, sourire, efficacité remarquable, et évidement interprète.

Malgré les tentatives toujours renouvelées de Kace, malgré la demande des Autorités Médicales locales
(MoH-Kanwil), jamais la Sûreté de l’État (Baikin) ne nous a permis de monter dans un avion : pour notre
sécurité, disaient-ils, pour éviter notre témoignage, pensions-nous.

Car massacre il y avait. Grâce à Kace, nous visitions les hôpitaux de Jayapura et de Abepura en compagnie de nos aimables collègues indonésiens : il n’y avait pas photo ! Les blessés d’origine javanaise présentaient des lésions par flèches, lances ou autres objets contondants, les victimes d’origine papoue souffraient de plaies par balles de haute énergie.

Comme nous ne pouvions réaliser notre action sur le terrain, grâce à Kace, nous avons pu donner des informations sur les plaies de guerre à l’hôpital général (Dokdua) de Jayapura et à l’hôpital de Abepura aux médecins de ces établissements et au personnel infirmier.

Ce fut une action très positive car l’ensemble du corps médical local n’avait jamais reçu de formation dans le domaine très spécifique du traitement des plaies de guerre. Cette action permettait aussi de faire connaître MSF dans ces lointaines contrées. Ce fut un tel succès que le corps médical demanda de recevoir une formation plus poussée et plus générale dans ces domaines. Car nous n’en étions encore que dans l’improvisation. Kace était vraiment la cheville ouvrière de cette formation, avec son efficacité souriante, son sens de la communication, des relations publiques. Mais quel travail ! Il ne comptait pas ses heures ! En quelques jours, j’avais un nouvel ami.

Son efficience fit que, en 2002 et en 2003, toujours grâce à son travail, nous avons donné des formations en chirurgie de guerre non seulement à nouveau à Jayapura et Abepura pour les médecins locaux mais aussi pour les médecins de la police et de l’armée. Nous avons pu monter à Wamena pour des formations à l’Hôpital de Wamena ainsi que pour des formations de premiers soins d’urgence aux pilotes des petits avions et hélicoptères des missions. Ces pilotes allaient chercher les blessés au loin dans la montagne pour les amener à l’hôpital de Wamena. Toutes ces formations duraient une semaine et se terminaient par des simulations pratiques.

De même, Kace permit des formations à Ambon dans les Iles Moluques où une guerre intestine faisait rage avec beaucoup de violence entre les populations chrétiennes et musulmanes. Kace, à l’aise avec chacun, facilitait nos déplacements, passant pour des urgences et aussi des formations, aussi bien dans les zones chrétiennes que musulmanes. J’avais un ami, pour lequel j’avais beaucoup de respect. Il est mort rutalement dans son travail généreux, en pleine action, sous les balles d’un triste individu ignorant.

Du fait de son exemple, de sa participation effective, de son accueil souriant, Kace sera toujours avec nous, partout, et surtout dans nos missions. C’est aussi une des merveilles de MSF, de permettre la rencontre de personnes venant des quatre coins du monde ayant le même esprit humanitaire, et tant d’autres qualités.

Pierre Gielis, chirurgien

(... from CONTACT No.116)
 

By: Rebecca Cederholm