Prévention des accidents sur le terrain (partie III et fin)

In English below

Suite aux articles parus dans les deux précédents Contact qui suggéraient aux lecteurs d'envoyer des témoignages relatifs à leur expérience en matière de prévention des accidents, je n’ai reçu qu'une contribution… mais de qualité ;-) 

Un logisticien témoignait des événements « Safety » vécus durant sa dernière mission :

  • Un départ de feu dans un stock de carburant à cause d’une cigarette mal éteinte... sans aucune interdiction de fumer affichée aux alentours !
  • Une chute de camion d’un générateur (de 700 kg) à décharger à la main ! Heureusement pas de blessé.
  • Un journalier qui se blesse sérieusement la main lors d’un travail d’excavation. Le log appelle la coordination. L’assistant HRCo lui répond : « C’est un journalier, on a aucune obligation, tu ne fais rien ! » ...

Pour ma part, et en dehors de ces deux articles parus dans Contact, ce qui me surprend, c’est le manque d’ambition (affichée) sur la question. Il est évident que personne ne souhaite qu’il y ait d’accident. Mais, en pratique, lorsqu’on aborde le dossier « prévention / conditions de travail », il y a comme une gêne et parfois même une crainte que cela n’entrave trop nos opérations. La loi (lorsqu’elle existe) est bien trop contraignante. On continue à être réactif aux événements (soins, évacuation médicale, etc.) mais trop peu, voire pas du tout, dans la prévention des accidents en ayant, par exemple, une démarche active dans « l’analyse des risques ».

Je rappelle quelques points en matière de hiérarchie des priorités de prévention par rapport à des risques identifiés :

  • dans un premier temps, on essaiera d’éliminer le risque (ex : faut-il garder un stock d’essence de 5.000 litres dans une base ?) ;
  • réduire le risque est la seconde démarche (ex : le contrôle régulier des freins de nos véhicules réduit le risque d’accident) ;
  • lorsque le risque n’est pas « évitable », on le gère en mettant en place des équipements de protection collectifs pour tous les travailleurs (ex : le balisage d’un trou ou d’une excavation) ;
  • Pour les travailleurs en contact direct avec le risque, il faut proposer des équipements de protection individuels (ex : gants pour infirmier, respirateurs dans un environnement TB, lunettes pour soudeur, etc.) ;
  • Une signalisation appropriée permet de prendre conscience de certains dangers (ex : panneaux pour produits inflammables, haute tension, etc.).

Enfin, une formation (régulière et continue) est indispensable et favorisera l'implication directe du personnel dans les différents aspects de la prévention.

Quelle que soit votre position sur le terrain et vos moyens, si vous êtes sensibilisé à la prévention des accidents, le plus simple est encore de rappeler les principes de prévention  à votre équipe.

Je conclus ici « ma mobilisation personnelle » sur le sujet... car je suis en train de sortir de MSF après plus de 10 ans de carrière. Lorsque je regarde le chemin parcouru, je réalise ce qui a déjà été accompli dans de nombreux domaines (équipe SMS, SINDY, etc.). Mais au principe affiché par le département des Ressources Humaines « MSF, Employeur responsable », je réponds : peut mieux faire !

Take care!


In response to the articles in the two previous issues of Contact asking readers to share their experience on accident prevention, I only received one contribution… but it was a great one. 

A logistics specialist reported the Safety events that occurred in his most recent mission:

  • A fire started in a stock of fuel because a cigarette had not been totally put out … with no signs to prohibit smoking in the vicinity!
  • A generator weighing 700 kg to be unloaded manually fell off the truck. Fortunately, no one was injured.
  • A day-worker seriously injured his hand doing excavation work. The log called coordination. The HRCo assistant answered: "He's a day-worker, we are under no obligation – don't do anything!" ...

For my part, not counting those two articles published in Contact, what surprises me is the lack of interest shown on safety questions. Of course, no one wants accidents to happen. But in practice, when we talk about "prevention/ working conditions", people seem disturbed and even afraid that this might get in the way of our operations. The law (when there is one) is much too restrictive. We continue to react to events (health care, medical evacuation, etc.) but we do too little, if anything, to prevent accidents by using a proactive "risk analysis" for example.

Let me recall a few points on the priorities for prevention when there are identified risks:

  • first, we should try to eliminate the risk (ex: do we need to keep a 5000 litre stock of fuel on a base?);
  • reducing the risk is the second approach (ex: regularly verifying the brakes on our vehicles reduces the risk of an accident);
  • when the risk cannot be avoided, it should be managed by putting collective protective material or equipment in place for all workers (ex: markers to show the existence of a hole or excavation);
  • for workers in direct contact with a risk, we should propose individual protective equipment (ex: gloves for nurses, respirators in a TB environment, goggles for welders, etc.) ;
  • appropriate signs improve awareness of certain dangers (ex : signs or labels for inflammable products, high voltage wires, etc.).

Finally, training (regular and continuous) is essential and it promotes direct involvement of personnel in the various aspects of prevention.

Whatever your resources and job in the field, if you are aware of the need for accident prevention, the simplest thing to do is to remind your team of the principles of prevention.

I'll conclude my “personal expression of dedication” on the subject here … because I am on the verge of leaving MSF after a career of more than 10 years. When I look back on those years, I realize that we have come a long way in many fields (SMS team, SINDY, etc.). But when I see the Human Resources Department slogan "MSF, a responsible employer", I say: we could do better!

Take care!

By: Yannick GARBUSINSKI