Thalia Maes (d. June 30, 2013)

It is with great sadness that we have learned that our colleague Thalia Maes passed away Sunday 30 June, in Brussels.

Thalia has been working with us since November 2009, first in the Communication and then in the Finance Department, where she was currently Field Accounting Advisor.

Thalia was 36. She is leaving behind her son Jae who will turn 4 in August.

Our thoughts are with her family and her numerous MSF and non-MSF friends.

Stephan Goetghebuer


Thalia werkte vanaf november 2009 11 maanden als assistente bij de face to face afdeling van Artsen Zonder Grenzen. Wat is face to face hoor ik u denken maar eigenlijk kent u ze wel, die rode mannekes die u op straat en aan winkels om een maandelijkse bijdrage vragen. Thalia was assistente voor beide landsdelen en ik was de ploegleider voor de nederlandstalige teams.

Een greep uit mijn herinneringen over Thalia deel ik graag met jullie.

Met Thalia karten was een belevenis. De geur van benzeen, verbrand rubber, vermoeide armen, gierende banden, de adrenaline in elke vezel van ons lijf.. en een kleine, felle vrouw op hoge hakken die je alle hoeken van de baan liet zien. En vooral : je mannelijke eer en het vooroordeel voor de start –mannenkunnenbeterkarten !- deed inslikken. Ronde na ronde kwamen er seconden bij. En een seconde bij het karten is een eeuwigheid.

Enthousiasme is essentieel om mensen te overtuigen. Ik zie haar nog voor mij, peilen naar het enthousiasme van de kandidaten voor de face to face job per telefoon. Na een halve minuut dat ze met de kandidaat aan de lijn hing, kon ik afleiden uit haar grimassen, hoog opgetrokken wenkbrauwen, het met haar ogen rollen, de monkellachjes, het gnuiven en het grijnzen of het een geknipte persoon was of niet. Ze zat er zelden naast.

De teams, ongeveer 30 man sterk, waardeerden haar en haar een to-the-point-strenge-rechtvaardige-don’t-mess-with-me-maar-voor-lol-ben-iksteeds-te-vinden-mentaliteit.

Na een teambuilding voor de teams, waar kayakken op de Lesse op het programma stond, reden we met een groepje terug naar huis. Thalia zat achteraan, ik zat aan het stuur toen ze out of the blue in plat antwaarps uitriep : ‘Ma get in feite KEIschone ogen Matthys’. Dat was na 9 maanden samenwerken. Iedereen lag strijk.

Revanche nemen bij het karten kan ik niet meer, maar de schone en maffe herinneringen aan jou koesteren wel. Die draag ik mee op mijn harde schijf.

Philippe Matthys, Partnership Coordinator


Discours prononcé par Hélène Lorinquer, directrice du département Communication, lors des obsèques de Thalia :

Miss Thalia,
Deux discours pour toi en moins de quatre mois, j’ai la sensation que celui-ci est de trop. Celui que j’ai écrit pour toi lors de ta fête de départ du département de la communication fut un honneur. Celui-ci est une douleur. Il y a quatre mois, tu quittais la Com pour le département des finances et je me souviens encore de la phrase que tu as prononcée en m’annonçant que tu quittais notre département : « Je suis fière Hélène, m’as-tu dit, je suis fière car être choisie pour ce poste aux finances prouve que je vaux quelque chose ». J’ai réagi avec colère à ces mots et tu m’as répondu : « Mais oui patronne, je sais que, pour vous, je vaux déjà quelque chose ».

Après deux ans passés dans le même bureau que toi, du matin au soir, dans ce petit 10 m2 où nous étions assises l’une en face de l’autre, oui, je te le confirme mais je ne t’apprends rien. Tu as fait plus que valoir quelque chose à mes yeux. Tu es devenue quelqu’un auquel je tenais beaucoup.

En deux ans, on a appris à se connaître un peu, même beaucoup certains jours. On a fait des budgets, des recrutements, des tableaux Excel ensemble mais on a aussi parlé de nous, de nos amours, de nos familles, de nos enfants, de la vie qui nous fait des cadeaux et parfois pas. On a ri, on a pleuré. Tu m’as touchée souvent. Par ton attachement à MSF et à ce que nous représentons. Le week-end, il n’était pas rare que tu m’envoies des textos pour me dire « MSF à la radio, MSF à la télé » en partageant tes impressions sur la qualité de nos prises de paroles dans les médias. Je me souviens de tes colères quand, à un dîner entre amis, quelqu’un avait osé critiquer ton organisation.

Tu m’as émue par les attentions que tu avais pour les autres. Les cadeaux de départ pour chacun, les petits mots. J’ai mis du temps à m’en rendre compte mais tu veillais à ce que les nouveaux arrivants dans le département, y compris les personnes de passage, ne se retrouvent pas trop seuls à Bruxelles. Tu les contactais le weekend pour savoir s’ils voulaient t’accompagner quelque part, tu as même invité quelqu’un que tu ne connaissais pas à ta fête de Noël. Combien de fois n’ai-je pas reçu de petits SMS le soir qui me disaient : « Reposez-vous, je ne veux pas vous voir au bureau avant 10H demain. Vous n’avez pas pris votre journée de récupération… » et tu riais le lendemain en me disant : « Je savais que vous ne m’écouteriez pas ! ! ! ».

Je n’oublierai jamais ta force de caractère, les embêtements qui te faisaient trop souvent mettre un genou à terre. Tu avais la volonté de te relever le lendemain et d’essayer de tenir la tête haute. Notamment pour Jae, ton grand amour, ton petit garçon. Une semaine sur deux quand tu avais sa garde, je savais que, ce jour-là, je ne devais pas t’en demander trop car tu n’étais pas vraiment présente avec moi dans ce bureau. Tu n’avais qu’une envie, c’était que la journée s’achève pour aller le chercher à l’école et passer du temps avec lui. À l’inverse, les semaines où tu t’en séparais, je savais que tu avais besoin de te changer les idées car tu vivais le manque de lui avec beaucoup de difficultés.

Il y a quatre mois, je t’ai rappelé que la chance est une femme volage. Que la roue tourne toujours pour les belles personnes et que le sort ne peut pas s’acharner. Il y a deux semaines, tu es venue me voir et tu m’as dit, Hélène, la chance n’a pas encore tourné. Je t’ai répondu, un petit peu de patience miss Thalia.

Aujourd’hui, je voudrais te dire ceci : « Tu es un être formidable Thalia. Tu es une belle personne. Nous ne t’oublierons jamais. Je ne t’oublierai pas. Repose en paix Thalia. »


Ma belle Thalia,
Il faut aimer la vie et en apprécier chaque moment, car un jour la mort nous ravit et nous emmène vers d’autres horizons… Toi, Thalia, tu es partie et tu as vécu auprès de nous une foule de moments doux que tu emportes avec toi dans ta nouvelle maison…

Je laisse le temps au temps qui apaisera, je l’espère, mon chagrin petit à petit. Sache ma belle Thalia que tu resteras à jamais vivante dans mon coeur.

Elle aurait aimé nous dire quelque chose :

« Regrettez mon absence mais laissez-moi partir…
Je me suis rendue au bout du voyage
Et le soleil pour moi s’est couché.
Je ne veux pas d’un rituel sombre et funèbre.
Pourquoi pleurer une âme libérée ?
Regrettez mon absence un peu,
mais pas trop longtemps…
Et ne laissez pas la souffrance vous accabler
Souvenez-vous de l’amour que nous avons partagé.
Regrettez mon absence mais laissez-moi partir…
Car c’est un voyage que tous nous devons faire
Et que chacun doit accomplir en solitaire.
Il fait partie du chemin que Dieu nous a tracé
Et nous conduit en sa bienheureuse maisonnée.
Quand vous souffrirez de solitude et de mélancolie,
Tournez-vous vers vos proches, vos amis
Et oubliez votre chagrin en faisant du bien…
Regardez la vie que je commence et
non celle que je finis. »

Pensée issue du livre de Nicole Charest « Petites douceurs pour le coeur »

Rahima Boulban, Field Accounting Advisor Coordinator

By: Göran Svedin